À la ménopause, beaucoup de femmes se demandent si elles doivent ralentir ou au contraire faire plus de sport. Fatigue, prise de poids, douleurs… les changements sont nombreux. Pourtant, l’activité physique est l’un des leviers les plus puissants pour préserver sa santé, son énergie et sa qualité de vie.
Beaucoup de croyances enveloppent la ménopause. C’est un sujet, bien qu’on en parle de plus en plus, qui reste tabou…
En effet, comment faire comprendre à une moitié de la population ce que vit l’autre moitié ?
Et puis, parfois, on vit juste avec…
Pourquoi poser tant de questions ?
“c’est normal”, “c’est l’âge”, “on fait avec”.
Aujourd’hui je me suis dit que j’allais m’attaquer à la croyance selon laquelle sport et ménopause ne feraient pas bon ménage, en reprenant quelques phrases entendues pendant mes séances d’accompagnement.
La ménopause correspond à une absence de menstruations pendant au moins 12 mois ; ça c’est la définition officielle.
Cependant, on ne devient pas ménopausée “du jour au lendemain” : il existe une période transitoire, la (ffreuse) périménopause, qui dure environ 5 à 8 ans.
Pendant cette période, les cycles deviennent irréguliers, les règles peuvent disparaître plusieurs mois puis revenir, les cycles deviennent de plus en plus longs puis on aboutit à l’arrêt total des règles
En gros, c’est à ce moment-là qu’on expérimente tous les petits désagréments…
A savoir :
L’âge mondial moyen de la ménopause : 51 ans
80 % des femmes sont ménopausées entre 48 et 55 ans
Et moins de 10 % des femmes le sont autour de 45 ans
Comme son nom l’indique, c’est la période autour de la ménopause.
C’est cette période qui est souvent mal comprise, parfois taboue, et qui peut durer looooonnnnngtemps.
Les “invités d’honneurs” :
troubles de l’humeur
insomnies
baisse d’inspiration / baisse de forme
douleurs articulaires
douleurs musculaires
chute de cheveux
changement de qualité de peau
acné
symptômes abdomino-pelviens
fuites urinaires
urgences urinaires
troubles de la libido
Ces symptômes apparaissent à cause de la diminution progressive des hormones sexuelles, surtout les œstrogènes et la progestérone
Et vous savez quoi ?
80 % des femmes vont avoir au minimum 2 symptômes
10 % des femmes vont vivre avec ces symptômes pendant 10 ans
30 % des femmes vont vivre avec ces symptômes pendant en moyenne 7 ans après l’arrêt des règles
Ce qu’on ne voit pas forcément… mais qui change aussi.
J’aimerais insister sur trois grands risques moins visibles :
Avec la baisse des œstrogènes, il peut y avoir :
une diminution de la densité osseuse
davantage de risque de fracture en cas de chute
davantage de traumatismes pour des chutes jugées bénignes
La baisse d’oestrogènes s’accompagne d’un risque musculaire accru.
On observe :
une perte de masse musculaire
une diminution de la force
une baisse de l’efficacité de certaines fibres musculaires (notamment les plus rapides”, celles qui permettent l’explosivité contrairement à l’endurance)
Concrètement, cela peut se traduire par :
plus de fatigue physique
moins de stabilité
plus de douleurs articulaires
une sensation de corps “moins tonique”.
D’où l’importance, à cette période, d'intégrer du renforcement musculaire.
Là aussi, la diminution des oestrogènes est en cause.
Jusqu’ici, ils nous protégeaient…
Les pathologies cardiovasculaires deviennent la cause n°1 de mortalité et de morbidité chez les femmes à partir de la ménopause
Heureusement, il y a bien des choses à faire pour se sentir mieux.
Et parmi elles… l’activité physique joue un rôle majeur.
“Le sport ne sert plus à rien à la ménopause”
Si, si…
L’activité physique est encore plus importante à cette période.
Le sport (et là je prêche un peu contre ma paroisse) est le PREMIER médicament du corps, oui, oui ! L’alimentation vient après.
limiter certains symptômes
protéger les os
protéger les muscles
protéger le système cardiovasculaire
améliorer la qualité de vie
Chez les femmes autour de la ménopause, les études montrent qu’une activité physique d’intensité modérée avec un impact léger diminuerait en moyenne de 20 % les problèmes de fuites urinaires.
Bon… Ceci dit, j'émets une petite réserve car pour moi il y a un biais. Les études ont été faites avec des femmes sédentaires et en surpoids. On peut donc se demander si l’amélioration vient directement de l’activité physique ou de la perte de poids associée, puisque l’obésité est un facteur de risque.
En effet, l'obésité est un facteur de risque de symptômes pelviens car il y a davantage de poids qui s’exerce sur les structures, probablement davantage de pression intra-abdominale et c’est une populations souvent moins actives, ce qui peut aussi aggraver les symptômes
Dans tous les cas, activité sportive ou perte de poids, les résultats sont plutôt positifs
L’ostéopénie c’est la baisse de la densité minérale osseuse : l’os est moins dense que la normale, sans pour autant atteindre le seuil de l’ostéoporose. Lors de la ménopause, les os deviennent plus fragiles.
Et là encore, l’activité physique aide à préserver la qualité des os. Je sais, ça parait contre intuitif, on se dit que si l’os est fragilisé, il ne faut surtout pas d’impact au risque de le fragiliser encore plus mais l’os est un tissu vivant qui s’adapte aux contraintes qu’on lui impose ; donc l’impact dû à une activité sportive envoie un stimulus mécanique aux os, ce qui favorise leur entretien et contribue à maintenir, voire améliorer, la densité osseuse.
Concrètement, les activités les plus utiles sont surtout les exercices avec des impacts légers à modérés comme la marche rapide, la montée d’escaliers, le jogging adapté, ainsi que le renforcement musculaire. En revanche, des activités sans impact comme la natation sont excellentes pour la forme générale, mais stimulent moins directement l’os.
Là vous voyez tout de suite où je veux en venir… On a vu que les femmes étaient plus fragiles au niveau cardio vasculaire à la ménopause donc pratiquer une activité sportive est tout indiqué à cette période.
À la ménopause, la baisse des œstrogènes s’accompagne
d’une perte de protection cardiovasculaire
d’ une augmentation progressive du risque d’hypertension
de troubles lipidiques
de maladies cardiovasculaires
Je le répète : Les pathologies cardiovasculaires deviennent la cause n°1 de mortalité chez la femme.
L’activité physique joue alors un rôle clef en prévention : elle améliore la fonction vasculaire, aide à réguler la pression artérielle, favorise un meilleur profil lipidique et participe au contrôle du poids et de la glycémie.
Concrètement, une activité régulière, même d’intensité modérée comme la marche rapide, permet de soutenir le système cardiovasculaire sur le long terme et de réduire significativement les facteurs de risque, à condition d’être pratiquée de façon régulière et adaptée.
La régularité, même avec une activité physique de faible intensité, même avec une durée d’activité minime, est toujours préférable à une séance par semaine où vous vous poussez à bout.
“Il est trop tard pour commencer le sport”
Alors non.
Il n’est jamais trop tard pour débuter une activité physique,
il faut juste s’écouter…et s’adapter.
En se posant simplement la question : quels sont les problèmes que je rencontre ?
fuites urinaires
urgences urinaires
lourdeurs pelviennes
inconfort
manque de souffle
douleurs articulaires etc.
Pour reprendre le sport à la ménopause, il est essentiel de commencer progressivement
avec de la marche rapide
alternance marche rapide / marche lente
de l’elliptique
de la marche nordique
du stepper…
Et puis surtout, on teste et on adapte.
Si déjà la marche rapide déclenche des fuites par exemple, la course ne passera probablement pas telle quelle…
“Une femme qui pratique une activité sportive avec impact abîme forcément son plancher pelvien”
Ce point peut arriver comme un cheveu sur la soupe, mais c’est un soucis qui a été soulevé lors de séances, alors j’en parle…
C’est une croyance très répandue
Mais les études montrent l’inverse :
Une femme qui a une activité physique avec impact (modéré) comme la course à pied par exemple a un plancher pelvien en meilleure santé qu’une femme qui ne court pas.
Une comparaison a été faite entre : un groupe de femmes respectant les recommandations minimales d’activité physique (soit 150 minutes d’intensité modérée par semaine) et un groupe de femmes non actives. Les femmes physiquement actives avaient un plancher pelvien plus fort et cela, même sans exercices spécifiques du plancher pelvien
Après il faut que vous gardiez en tête que vous n'êtes pas seules :
Au-delà de 55 ans, le risque de fuites urinaires augmente de 50 % et à partir de 35 ans, on perdrait 2 % de certaines fibres musculaires au niveau de l’urètre. Cela touche une très grande partie d’entre nous 😅
Une fuite urinaire se produit quand la pression intra-abdominale dépasse la pression de clôture de l’urètre, sans que la musculature puisse compenser suffisamment.
Donc on peut avoir des :
fuite à l’effort
fuite au rire
fuite à l’éternuement
urgence urinaire
besoin d’aller très vite aux toilettes
Alors oui, il se peut qu’en faisant une activité sportive, vous ayez ce genre de problème.Sachez cependant que le sport peut parfois révéler un problème déjà présent, sans l’avoir créé.
Ne bannissez pas le sport de votre vie parce que vous avez des fuites !!!
Parlez-en à votre médecin, peut-être qu'un suivi avec un Kiné serait judicieux ?
“On doit faire uniquement du cardio”
Non, le cardio seul est insuffisant !
Car ménopause et âge se combine et d’autres inconvénients surgissent au même moment :
fonte musculaire
sarcopénie liée au vieillissement
diminution du métabolisme musculaire
perte des fibres musculaire rapides avec l’âge (celles qui permettent d’avoir de l’explosivité)
Moins de muscles c’est moins de stabilité, moins de force, plus de douleurs articulaires, et surtout… un métabolisme qui ralentit.
Si on veut bien vieillir, continuer à bouger, limiter les douleurs articulaires, garder un corps fonctionnel, IL FAUT DU MUSCLE !
Le cardio (course, marche, danse) est essentiel, mais il ne suffit pas. Il faut le compléter avec du renforcement musculaire. Par exemple des fentes, des squats, des exercices simples au poids du corps… La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas besoin de faire compliqué ! L’important, c’est de stimuler le muscle régulièrement.
“Il faut s’entraîner comme une bête pour que ce soit efficace !”
Non, l’ efficacité ne dépend pas uniquement de l’intensité (c’est une bonne nouvelle ça, non !)
On pense souvent que pour que ça fonctionne, il faut transpirer énormément, être essoufflée, ressortir épuisée de sa séance…
Mais en réalité, le corps ne fonctionne pas comme ça. Pas besoin de s’entraîner comme une athlète 🥳
Les études montrent qu’une activité physique modérée, bien dosée, a déjà des effets très importants sur la santé. Elle permet par exemple :
de réduire le risque cardiovasculaire de 30 à 40 %
d’améliorer la qualité du sommeil
de limiter la perte osseuse
de préserver la masse musculaire
Autrement dit : ce n’est pas l’intensité qui fait le résultat… c’est la régularité.
Attention, chaque médaille à son revers et une intensité trop élevée, mal adaptée, peut aggraver certains symptômes, créer des douleurs et surtout décourager.
L’objectif n’est donc pas d’en faire toujours plus, mais de trouver le bon niveau, celui qui stimule le corps… sans le mettre en difficulté.
“La ménopause empêche de progresser”
Il y a toujours une progression quand on part de zéro…
Et si vous faites déjà partie des “femmes actives”, sachez que la ménopause ralentit certains processus, mais n’empêche pas les progrès
Oui, le corps change : perte musculaire plus rapide, diminution de certaines fibres musculaires etc.
Mais il continue de s’adapter.
Le corps reste capable :
de gagner en force
d’améliorer son endurance
de renforcer ses muscles
de mieux coordonner ses mouvements
Je le vois en consultation, les femmes qui mettent un peu d’activité dans leur vie, même si elles commencent tard, progressent, améliorent leur condition physique et leur qualité de vie.
Ce n’est donc pas une question d’âge ou de ménopause, c’est une question de stimulation !
“Concrètement je fais quoi ?”
1 - Commence à bouger à tout âge. Oui même à 60 ans !
2 - Mise sur la régularité. Il vaut mieux se brosser les dents 3 minutes par jour que 21 minutes une fois par semaine n’est-ce-pas ? Et bien pour le sport et l’entretien du corps, c’est pareil ;)
3 - Combine cardio et renforcement musculaire. Ton métabolisme, c’est comme un feu : le muscle est le bois, le cardio est l’oxygène… Sans l’un ou l’autre, ça ne brûle pas efficacement.
4 - Adapte l’intensité. Si tu cours un marathon tout de suite, c’est voué à l’échec. La meilleure stratégie, c’est celle des petits pas.
5 - Garde une vision long terme. Le corps est une machine magnifique, pleine de rouages, tout en complexité avec énormément de paramètres à prendre en compte. Il ne peut pas répondre du tac au tac comme tu le souhaiterais. Tout est long, surtout si tu veux des résultats durables. Laisse ton corps apprendre et comprendre.
Le corps ne s’arrête pas à la ménopause.
Il s’adapte.
Encore faut-il lui en donner l’occasion.
Si tu ne sais pas par où commencer ?
Voici un exemple concret de progression sur 8 semaines.
Evidemment, ce programme est une base, à adapter selon ton niveau et tes sensations. Tu peux par exemple remplacer la course par de la marche rapide ou trottiner.
Et si tu souhaites reprendre une activité physique après de très longues années de sédentarité, parle-en d’abord à ton médecin.
Je ne le dirais jamais assez, mais mes conseils ne remplacent pas un avis médical.
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Séance 1 |
Séance 2 |
Séance 3 |
Total de ma semaine |
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Semaine 1 2 séances |
Alternance : 1’30 course / 1’30 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 1’30 marche x6 |
18 min course 18 min marche |
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Semaine 2 2 séances |
Alternance : 1’30 course / 2 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 2 marche x6 |
18 min course 24 min marche |
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Semaine 3 3 séances |
Alternance : 1’30 course / 1’30 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 1’30 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 1’30 marche x6 |
27 min course 27 min marche |
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Semaine 4 3 séance |
Alternance : 1’30 course / 2 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 2 marche x6 |
Alternance : 1’30 course / 2 marche x6 |
27 min course 36 min marche |
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Semaine 5 3 séances |
Alternance : 2 course / 2 marche x6 |
Alternance : 2 course / 2 marche x6 |
Alternance : 2 course / 2 marche x6 |
36 min course 36 min marche |
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Semaine 6 3 séances |
Alternance : 2 course / 2’30 marche x6 |
Alternance : 2 course / 2’30 marche x6 |
Alternance : 2 course / 2’30 marche x6 |
36 min course 45 min marche |
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Semaine 7 3 séances |
Alternance : 2’30 course / 2’30 marche x6 |
Alternance : 2’30 course / 2’30 marche x6 |
Alternance : 2’30 course / 2’30 marche x6 |
45 min courses 45 min marche |
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Semaine 8 3 séances |
Alternance : 2’30 course / 3 marche x6 |
Alternance : 2’30 course / 3 marche x6 |
Alternance : 2’30 course / 3 marche x6 |
54 min marche 45 min course |
N’oublie pas de t’hydrater et de t’échauffer avant chaque séance 😉
Tu te poses encore des questions sur le sport à la ménopause ?
Voici les réponses aux plus fréquentes.
Le plus efficace est de combiner une activité cardio (marche rapide, vélo, course légère) avec du renforcement musculaire. Le muscle joue un rôle clé dans le métabolisme et aide à limiter la prise de poids souvent observée à la ménopause.
Il est essentiel de commencer progressivement, avec des activités simples comme la marche rapide ou l’elliptique. L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité. Même 10 à 15 minutes par jour peuvent déjà avoir des effets très positifs sur la santé.
Oui, et même plus qu’avant. L’activité physique permet de réduire les risques cardiovasculaires, de limiter la perte musculaire, de préserver la densité osseuse et d’améliorer la qualité de vie globale.
Les activités à faible impact comme la marche, la natation ou le vélo sont particulièrement adaptées. Le renforcement musculaire est également essentiel pour stabiliser les articulations et réduire les douleurs sur le long terme.
Les recommandations sont d’au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, réparties sur plusieurs jours. Idéalement, on y associe 2 à 3 séances de renforcement musculaire.
Oui. Une activité physique régulière aide à réguler le rythme circadien, favorise l’endormissement et améliore la qualité du sommeil, souvent perturbé à cette période.
Non, au contraire. L’activité physique peut améliorer la tonicité du plancher pelvien. Il est simplement important d’adapter les exercices et, si besoin, de se faire accompagner par un professionnel de santé.
Si tu te reconnais dans ces situations et que tu ne sais pas par où commencer, je peux t’accompagner pour construire une approche adaptée à ton corps, ton rythme et tes objectifs.
La ménopause n’est pas un frein.
C’est souvent le moment où tout peut recommencer 😉
Article rédigé par Marion Lagneau, nutrithérapeute spécialisée en santé métabolique et accompagnement des femmes.

Nutrithérapeute et Praticienne certifiée, spécialisée dans l’accompagnement personnalisé pour améliorer votre santé, votre énergie et votre bien-être grâce à la nutrition et au coaching santé.
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